dimanche 24 juillet 2011

Eh oui, les vacances finies, je rapporte une petite photo de Cannes...


Dans la rue d'Antibes, j'ai trouvé une sculpture de Jenkell (le bonbon) aux couleurs de la Grèce devant l'agence de la banque LCL. Même si le groupe bancaire n'est pas officiellement exposé dans le pays, je n'ai pas pu m'empêcher de faire le rapprochement entre le milieu bancaire et la situation financière de la contrée hellénique. Je trouve qu'il y a une certaine ironie dans le choix de l'emplacement de cette sculpture, alors que d'autres sculptures du même artisiste (figurant les drapeaux d'autres pays) se trouvaient sur la Croisette et dans la ville de Cannes.

Location:Cannes, France

vendredi 1 juillet 2011

Enfin, la baisse du pétrole...




Jusqu'à présent, je pensais que l'OPEP était omnipotente quant à la production de pétrole sur la planète. Bon d'accord ! Il n'y a pas que l'OPEP qui fournisse du pétrole au reste du monde, la Libye et les Etats-Unis produisent également, n'en font pas partie. Mais avec sa part prépondérante, l'OPEP agissait comme un monopole.
Vous l'avez peut-être remarqué, j'utilise le passé quand je parle du consortium des émirats, mais cette semaine, il s'est produit un phénomène particulièrement significatif de la spéculation qui entoure le baril de brut.
L'AIE (l'agence internationale de l'énergie, qui regroupe un bon nombre de pays consommateurs) a décidé en effet de mettre 60 millions de barils sur le marché. La réaction des marchés ne s'est pas fait attendre : le brut perdait plus de 10$ en une seule journée ! Ben oui, l'excès de barils, devait très logiquement faire baisser les cours, et c'est exactement ce qu'il s'est produit !

Il ne faut pas s'y tromper, si tous les pays consommateurs décident de taper dans leurs réserves stratégiques, c'est que derrière ils estiment que la flambée du brut qui s'est installée depuis plus de 5 ans maintenant, risque de leur couter de précieux points de croissance. Il faut y voir également un geste d'entretien de la reprise, qui est certes molle, mais présente quand même ! L'envolée des prix des matières premières fait peser des incertitudes sur les économies occidentales qui n'est au final bon pour personnes. Car à terme, une hausse des prix (prônée par l'Iran et le Venezuela notamment) risquerait de gripper durablement le porte-monnaie de leurs acheteurs.
Revenons à nos barils de brut remis sur le marché, il faut bien voir que cette manoeuvre est très limitée dans le temps, car une fois, l'effet d'annonce résorbé, la spéculation pourra reprendre ses droits ! Ne nous y trompons pas : les prix baissent, oui, mais uniquement pour l'été !

Location:Voie Perronet Nord,Puteaux,France

vendredi 24 juin 2011

Pourquoi la relance de la Grèce ne fonctionnera pas...




Je dois confesser que je joue un peu ma Cassandre, mais je ne crois pas au processus de relance européen, et cela à plusieurs titres.
La Grèce est l'un des pays méditerranéen les plus visité, son activité touristique est très importante. On y retrouve des fleurons architecturaux par centaines. Mais les grecs ne sont pas réputés que pour cela. Il faut savoir que la corruption y est l'une des plus importante au monde. Avec ce problème, le chômage y est également endémique.
Ainsi, en quelques années, la Grèce est devenue le parent pauvre de l'Europe. La faute à quoi ? Ben aux taux d'intérêt internationaux. Il faut savoir que la note (donnée par les agences de notation) de la Grèce est la plus basse possible. C'est que dans ces conditions, les emprunts collectés par la Grèce ont des taux d'intérêt très haut (autour de 20% !). Tellement haut, que même avec une croissance autour de 2%, il lui faudrait plusieurs décennies avant de pouvoir les rembourser totalement !
Ce que je cherche a vous faire comprendre, c'est que le cercle dans lequel se trouve le peuple grec est vicieux. Car tous les efforts de création de richesse partent systématiquement à l'étranger ! C'est seulement quand les richesses seront redistribuées au peuple que les choses iront mieux. Mais pour le moment, c'est loin d'être le cas ! Au menu grec, c'est hausse des impôts, baisse des emplois dans la fonction publique, privatisations des groupes nationaux, etc... Vous savez cette situation me fait penser à quand vous faites banqueroute au Monopoly. Vous vendez tout et même ce qui était le plus rentable pour vous devient la propriété de vos adversaires. Actuellement, pour continuer dans la métaphore, la Grèce devrait acheter une seconde boite de jeu, pour s'octroyer l'ensemble de la banque de la boite !
Vous trouvez mon allusion, un peu forte, mais la situation est telle que les moteurs de son économie sont à plat. Il ne reste malheureusement que le tourisme qui sauve la face.
Ensuite, les différents plans de relance feront-ils l'affaire ? Rien n'est moins sûr ! Les différentes enveloppes paieront les salaires des fonctionnaires, mais ces mêmes fonctionnaires ne créent pas forcement de la richesse, du moins pas directement ! Pour moi, ces plans ne sont donc que des perfusions qui maintiennent en vie, le malade grec.
A-t-on vraiment le choix ? La réponse est non. De nombreuses banques européennes et évidemment françaises se sont portées acquéreur de banques grecques, or ces dernières n'étant pas solvables (ou difficilement), elles sont devenues par conséquent toxiques. Le terme est fort, mais le risque d'impayés est élevé. Or les impayés, les investisseurs détestent ça ! Et à terme, ce sont les banques toutes nationalités confondues qui risquent de trinquer sur les marchés.
On peut dire qu'aujourd'hui, le pays et ses investisseurs sont dans l'impasse : on ne pourra pas prêter indéfiniment de l'argent et les mesures drastiques prônées par M. Papandreou risquent de lui couter son poste, tant elles sont impopulaires et ça se comprendrait !

On voit clairement que la Grèce ne doit (et ne devrait) pas sombrer, mais la planche à billets en euros s'usera vite et tôt ou tard, les comptes devront être justifiées, et des compensations pour les créanciers, demandées !

Location:Place Carpeaux,Puteaux,France

samedi 12 mars 2011

Les catégories professionnelles exposées à la hausse du pétrole…

Cela fait un petit moment que je n'ai pas posté…

Alors les prévisions les plus optimistes prévoient un baril de pétrole à 200$ au mois du septembre 2011, soit d'un prix à la pompe à 1,90€. On se rend compte qu'un nombre important de professions va se retrouver confronter à des difficultés directes, liées à l'exercice de leurs métiers. Ainsi, les taxis et les transports en commun (notamment les bus), voient leurs charges augmenter drastiquement. De manière indirecte, il y a également ceux pour qui les engins motorisés constituent une composante importante voire cruciale de leurs activités. Je pense aux agriculteurs, aux maraichers et aux pêcheurs. Les produits frais devraient donc logiquement augmenter.

mardi 14 décembre 2010

Le bank run d'Eric Cantona... ou l'allégorie de Moby Dick

Au départ, je dois dire que l'ancien joueur de Manchester United jouit (ou jouissait) d'une réputation plutôt confortable. Certes quelqu'un d'impulsif, mais il est aussi l'un des sportifs préférés des français. Mais là je dois dire que son appel est une chimère.

Au départ, son constat (qu'on le partage ou non) est de générer une pagaille chez les banquiers afin que ceux-ci comprennent que ceux qui font la loi, ce sont les clients et non les banquiers. Pour cela il s'appuie sur le phénomène de "bank run". Je m'explique.
Les clients apeures par la perte de capitaux de la banque anglaise Northern Rock, se sont précipités aux guichets de cette dernière, afin de retirer leurs économies. D'ailleurs même si le fait de retirer les économies a été dommageable pour l'établissement, il ne lui pas été fatal pour autant.
Le bank run s'appuie donc sur le phénomène de la panique contagieuse... normalement. L'appel d'Eric Cantona devait donc porter un coup de semonce à nos chers banquiers. On pourrait parler d'un coup dans l'eau, plutôt.

Malgré les quelques 34.000 personnes qui se sont inscrites sur sa page FaceBook, son action était vouée à l'échec pour au moins deux bonnes raisons.
La première est que la somme totale des avoirs qu'auraient pu retirer ces personnes n'aurait jamais pu dépasser les 100 millions d'euros. Cette somme est dérisoire face à la trésorerie accumulée des banques. Ces dernières ont une obligation de constituer un fond propre de 8% du capital de la banque. En outre, toutes banques françaises confondues, cette somme se chiffre à plusieurs milliards d'euros !
En second lieu, les banques possèdent des règles internes pouvant demander un délai lors du retrait de grandes sommes. Donc même si toutes ces personnes auraient souhaité retirer leur argent, elles n'auraient vraisemblablement pas accéder aux demandes les plus exigeantes.

En réalité, je place cette action bien au-delà du simple fait d'une communication maladroite. Mais il faudrait y voir plutôt une certaine défiance (pour ne pas dire méfiance) du système capitaliste par une frange, et non des moindres, de la population. En plus pour qu'une célébrité du football s'en empare, c'est aussi révélateur d'un certain malaise. Mais heureusement pour nous, Eric Cantona a encore des progrès à faire en économie !
Cette action restera donc une utopie économiquement parlant. Partant d'une bonne idée comme la taxe Tobin, tel le capitaine Achab poursuivant la baleine blanche, tout simplement...

dimanche 28 novembre 2010

La déchéance de l'Irlande

Déchéance est certes un mot un peu fort pour décrire la situation irlandaise, mais vous avouerez comme moi qu'il n'y a pas d'autres termes pour qualifier la tragédie dans laquelle s'est engouffré le dragon celte. Un chiffre résume à lui tout seul l'ampleur des dégâts : 90 milliards d'euros. C'est le montant de l'emprunt adressé à l'Irlande. C'est en outre le montant nécessaire pour renflouer les banques irlandaises elles-mêmes au bord du gouffre. Mais comment diable, les irlandais en sont arrivés à ce stade ? Ben à dire vrai, la solution est à chercher outre-atlantique ou du moins dans ses grandes lignes, je m'explique. Les banques dans leurs efforts insatiables de faire des gains, se sont empêtrées dans des spéculations immobilières exactement comme l'ont fait les grandes banques américaines. Et là encore les américains, c'est bien l'état qui est venue à l'aide des banques. C'est notamment comme cela que l'on fait d'une dette bancaire, une dette d'état. Ce mécanisme a été largement utilisé en 2008 quand les banques fermaient les unes après les autres.
La conséquence directe, c'est qu'avec une dette soumise au marché des titres et créances, la notation de l'Irlande s'est vue abaissée. Ce fait a aussi une autre conséquence directe : les emprunts accordés à l'Irlande sont devenus plus chers.
Le plan de redressement prévoit de passer en cinq ans de 37% du PIB à seulement 3% : ce n'est plus un plan de rigueur, c'est presque suicidaire économiquement parlant. Mais l'Irlande avait-elle réellement le choix ? A dire vrai, non !
Personne n'aurait accepter de prêter de l'argent si l'Irlande ne s'était pas réformée profondément, tant sur le plan comptable que économique. Mais heureusement pour l'Irlande, les investisseurs ne se s'y sont pas trompés : l'Irlande reste un pays ou la productivité reste l'une des plus élevée d'Europe. De plus avec le plan de rigueur engagé pour réduire le déficit, les salaires ont peut être baissé, mais sa crédibilité a été un peu sauvée. Il faut dire qu'elle n'est pas aussi entachée que celle de la Grèce où la crise sévit sur le plan économique mais aussi sur le plan structurel avec sa corruption galopante, pour ne citer que cela. Revenons à l'Irlande, la réaction des états européens a surtout permis d'éviter la contagion avec le Portugal qui lui montre aussi des signes de faiblesse économique. Il est admis également qu'une nouvelle crise de confiance des marchés a été évitée. Ils n'en n'auraient vraiment pas eu besoin.
Tout cela est bien joli, passez moi l'expression, mais tout a chacun sommes en droit de nous demander si les vraies leçons ont été tirées de ces événements. Même si le pire a été évité, le scepticisme peut rester de mise.

mercredi 10 novembre 2010

600 milliards de dollars pour relancer l'économie

600 milliards de dollars pour relancer l'économie... mais pas n'importe laquelle. Il s'agit d'une décision du président Obama d'impliquer la FED dans la reprise économique. Mais il s'agit d'une arme à double tranchant à bien des égards. D'abord du point de vue américain, sous la forme d'un plan Marshall, si l'argent arrive à créer des emplois alors les recettes fiscales générées seront les bienvenues et le pari du président sera gagné. Dans les faits, nous savons pertinemment que cet argent ne servira pas qu'a cela ! Une partie partira délibérément dans le secteur bancaire fortement sinistré depuis le scandale Maddof et les difficultés rencontrées par Freddie Mac et Fanny Mae. Nous le savons aussi que les seules reformes qui ont été apportées au secteur financier ont abouti à des accords de principe sans pour autant avoir les contraintes d'une éventuelle législation !
Mais là n'est pas le problème du président ! Les objectifs sont clairement avoués : c'est dévaluer un petit peu le dollar afin de booster les exportations américaines et qu'elles soient plus compétitives que les européennes. Ça c'est l'effet mécanique de cette action qui fait remonter l'euro !
Du point de vue européen, le jeu est même pire, car si une relance de l'économie américaine serait la bienvenue pour nos exportations, nous risquons de ne pas nous retrouver au change... sans jeu de mots. Ce qu'il faut voir aussi c'est que les américains ont une opportunité incroyable. Alors que les européens ne seraient pas capables d'un tel acte comptable puisque fonctionnellement il faudrait pouvoir être capable de repartir une dette entre les différents états membres. On voit que l'aspect polycéphale de la gestion de l'union empêcherait tout action de ce genre. Concrètement si l'union nous permet de peser dans les tractations politico-commerciales, elle ne nous permet pas de manière significative de peser dans la politique économique mondiale, même si la BCE semble gagner en crédibilité ces derniers temps.
La relance économique américaine, alors oui mais sur fond de guerre des monnaies ; et c'est une bataille qui est déjà perdue pour l'Europe.