jeudi 24 avril 2008

Quand les ressources agro-alimentaires sont réquisitionnées par les états.

En réalité, le scénario que je décrivais dans un de mes précédents posts n'est que la partie émergée de l'iceberg. Vous allez me demander : qu'y-a-t-il de plus terrible que de voir une population affamée créer des émeutes ? Ben, c'est tout une population du globe qui meurt de faim. Et ce n'est pas la directrice Josette Sheeran (cf. photo), du PAM de l'ONU (Programme Alimentaire Mondial) qui va me contredire. Elle a dénoncé, cette semaine, ce qu'elle appelle "le tsunami silencieux" qui frappe essentiellement le continent africain. L'image du tsunami n'est pas anodine. Elle traduit la soudaineté du phénomène, ainsi que sa violence (au sens figuré, quoique). Elle souligne aussi l'effort que devrait supporter la communauté internationale pour contrer la famine dans le monde. Il est notamment question de quelques 746 millions de dollars, à l'image de la mobilisation mondiale qui a suivi après qu'un tsunami ait frappé Banda Aceh en Thaïlande en décembre 2004.

Là où ça bêche
Là où ça ne va pas du tout (et ça aurait de quoi, faire enrager Josette Sheeran), c'est que des états comme le Brésil viennent tout simplement de fermer leurs exportations de riz (le riz est considéré comme une denrée alimentaire de base, au même titre que le blé ou le manioc).
Les gouvernements du G8 vont certes, se concerter pour mettre sur pied un plan d'action de lutte contre la faim dans le monde, mais que dire de l'attitude du Brésil ou de certains autres pays producteurs. Le prix du riz en Thaïlande a quasiment doublé en moins d'un an. Il semblerait dans ces conditions que le riz soit à classer dans les ressources qui subissent de fortes spéculations. Car ses prix en question ne reflètent pas vraiment la balance entre l'offre et la demande. Alors que les prix des denrées comme le blé ou le maïs sont nettement plus représentatifs.
Juste un message aux gouvernements et à l'ONU : prenez garde de ne pas affamer un pays tout entier, car un peuple affamé est forcément un peuple qui tend à devenir violent.

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